Expédition Lecture

Le Dragon du Nord de Christophe Castillon

Résumé du livre

Depuis toujours, le moelleux d’un lit, l’assurance d’un toit et la douce stabilité d’un travail me désoriente, m’éloigne de moi-même. Dans mon esprit, se sédentariser ressemble à une effroyable maladie dentaire. Je vis donc en marge, un peu comme un vagabond. Cependant je me sens agréablement logé dans cet intervalle en bordure. Sans doute parce que la forêt, l’arbre, la souche et le faucon deviennent des poésies où le voyageur finit toujours par dénicher sa subsistance.

Le dragon du nord 4

Le poète puise l’inspiration dans ses émotions, le nomade, lui, la trouve le long des chemins qu’il parcourt. J’ai en tête un texte de Lord Byron : « Il existe le plaisir des forêts encore vierges ; Il existe l’enchantement sur le rivage solitaire, Il existe un monde qu’aucun homme n’a foulé. Près de la mer, qui fait entendre la mélodie de son rugissement : Ce n’est pas que j’aime moins l’homme, mais je préfère la Nature… »

Le dragon du nord 3

Pourquoi avoir écrit ce livre ?

Il ne faut pas confondre : « Vivre dans la solitude » et « voyager en solitaire ».

« Vivre dans la solitude » est une expérience qui permet « d’entrer » en nous même, comme le rappelle Sylvain Tesson dans son livre « Dans les forêts de Sibérie »

Le dragon du nord 1

Alors que voyager en solitaire est une expérience qui demande de « sortir » de nous même, de notre propre zone de confort, afin de survivre…

Dans les deux cas, ces expériences entrainent des sentiments qui se ressemblent. Il faudra trouver les ressources pour organiser la débâcle des émotions que suscite notre propre compagnie et s’accepter !

Ce qui m’intéressait le plus à l’époque où je me suis lancé dans ce projet, c’était cette notion de danger permanent qu’il fallait à tout prix maitriser au mieux. Dans ce raid à ski, le danger n’était pas forcement spectaculaire, il ne s’agissait pas de crevasses ou de terribles avalanches… Non, le risque, c’était une cheville brisée au milieu de nulle part, la perte d’un ski, d’un gant, des choses simples en fait, mais qui ont une importance vitale.

Le dragon du nord 5

Je suis rentré chez moi « en entier « car j’ai compris que l’anticipation des évènements était ma meilleure alliée. Je ne suis pas courageux, je suis un peu téméraire, mais avant tout je reste quelqu’un de très prudent. Je pense que ce qui fait un bon aventurier, c’est sa capacité à déterminer son potentiel à l’instant « T » devant le parcours de sa journée, conditions climatiques comprises évidemment.

J’ai écrit ce livre il y à quelques années, je ne dirais plus les choses de la même façon car on change avec le temps, mais j’en garderai les fondement, car c’est qui je suis aujourd’hui.

L’aventure Wildtrekker

Chris Castillon a traversé la Scandinavie sur près de 2000 Km, de Tänndalen au Sud de la Suède jusqu’en Norvège au Cap Nord de Janvier à Mai 2007.

Equipé d’un simple matériel de survie, sans assistance, il s’est immergé durant plus de 4 mois dans une nature figée par le froid et l’isolement des hautes montagnes de l’arctique.

A la force de ses jambes, à ski, traînant une pulka, il nous emmène au coeur de l’un des plus redoutables hivers du cercle polaire et nous fait découvrir le Dragon qui veille sur le grand Nord.

Extrait « Le dragon du nord »

Le dragon du nord 2(…) les Aborigènes connaissent des chants correspondant aux secteurs qu’ils traversent. Les chansons ancestrales transmises par oral de tribus en tribus sont, non seulement des cartes topographiques sonores, mais aussi un patrimoine familial.
« Ici, le vieux lézard s’est transformé en pierre géante, raconte la légende chantée. Ce désert rouge fut un champ de bataille entre des monstres terribles. Leur combat fut si rude que la terre déchirée en a conservé la couleur du sang versé. Ainsi furent créés certains canyons à la texture sableuse et ocre… »

Comment se perdre quant on détient en fredonnant, l’histoire de son monde comme atlas ? Je me sens bizarre tout en allumant le GPS, de quoi s’inspire ma patrie ? Je crois finalement que tout ce savoir électronique me rend un peu nostalgique. Qu’est-il advenu du temps où les cartes ouvraient une porte imaginaire sur mille mondes perdus ? Secrètement, je rêve parfois qu’il est possible de découvrir l’endroit d’où chute, d’une mappemonde encore plate, le bout de l’océan. Cette brèche d’où s’échouent les mystères que craignaient tant les vieux marins… En ce qui me concerne, je gravis depuis trop longtemps les latitudes du globe pour que le cercle polaire, que j’attends avec impatience, ne soit qu’une ligne imaginaire mathématique.

Extrait « Le dragon du nord »

(…)
Tant de merveilles me laissent craindre le moment ultime où je devrai quitter les skis. J’ai peur à l’idée de retrouver le goudron de nos villes. Toutes ces rues chargées d’immondices me font appréhender plus que jamais l’instant où tombe l’habit de lumière du montagnard. Je ne peux me résoudre à défaire les mousquetons pour abandonner le harnais, comme on dépose les armes. Serai-je assez fort pour traverser d’autres cités urbaines sans mon armure ? Cette autre réalité de la vie m’effraie, je ne la fuis pas, je n’y ai tout bonnement jamais eu ma place… (…)

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Xavier Argeles

Je fais des randonnées depuis 1995 en France et partout dans le monde. J’ai fais le GR 20 en 2006 et le trek du Laugavergur en Islande en 2015. Administrateur de randozone, j’essaye de partager cette passion avec vous.

http://www.randozone.com

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