Revue de presse Voyage

Salon destinations nature : Ecrivains de grands chemins

La semaine prochaine se tiendra à Paris le Salon des nouvelles randonnées, dédié aux inconditionnels de la nature. Pour évoquer la passion de la marche, nous avons donné la parole à l’écrivain-voyageur Sylvain Tesson et au philosophe Frédéric Gros. Rencontre à pas comptés.

Qu’est-ce qui vous a conduits à devenir marcheurs?

Sylvain Tesson – C’est seulement vers l’âge de 25 ans que j’ai fait mon premier grand voyage à pied, dans l’Himalaya. Là, j’ai découvert la profonde joie qu’il y a à se livrer quotidiennement à cette chose très simple et essentielle qu’est la marche. C’est aussi là que je me suis aperçu que c’était une fantastique mise à disponibilité de l’esprit. Il se trouve que j’ai un problème lié à mon énergie vitale, qui m’oblige à occuper mon corps en permanence. Or, quand on marche, le corps s’occupe tout seul. La marche, c’est du temps de cerveau disponible, comme on a pu le dire à propos de la télévision ! Après cette traversée de l’Himalaya, je suis devenu un marcheur ivre, un marcheur fou. Et puis la marche a résolu un problème douloureux : le sentiment très profond que je ne vis pas assez, que le temps passe trop vite et que je suis en train de courir après mon existence. J’ai toujours cherché des activités qui me donnaient l’impression d’épaissir le temps, de le ralentir et de calmer cette sensation de la fuite d’une vie qui me glissait sur la peau comme sur une carapace. Or, c’est seulement quand je marche, quand j’écris et quand je grimpe que je n’ai plus cette angoisse de me dire : «Mon Dieu, j’ai déjà 38ans et c’est bientôt fini…»

Frédéric Gros -Pour ma part, j’ai découvert la marche quand j’avais une vingtaine d’années, à travers un homme de 73 ans qui s’appelait Jo Revil. Il marchait dans les Alpes italiennes, c’est un personnage qui m’a fasciné parce qu’il avait un rythme de marche parfait, c’est-à-dire un mélange de lenteur et de vitesse dans la régularité impeccable de son pas. Par ailleurs, la marche est une mise en mouvement qui m’est très précieuse, car si Sylvain Tesson a des problèmes d’énergie à tempérer, j’ai moi un problème de langueur à secouer…

Lire l’article en entier

Similar Posts:

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *