Pyrénées Revue de presse

Pyrénées : menace sur la neige et les glaciers

larepubliquedespyrenees.fr – Le réchauffement climatique a fait perdre au massif quinze jours d’enneigement en quarante ans. Diminués de 85 % depuis 1850, les glaciers pourraient avoir totalement disparu en 2050.

Cette année encore, la neige s’est fait attendre dans les stations. Effet du réchauffement climatique ? La température moyenne a augmenté d’1,1 degré dans le massif des Pyrénées, depuis 1900. 

Comme les pôles, les massifs montagneux sont des espaces particulièrement sensibles aux changements climatiques. Depuis un an, l’Observatoire pyrénéen du changement climatique étudie ces évolutions pour donner les moyens aux milieux socio-économiques de les anticiper. D’ores et déjà, des changements sont visibles. Entre 1971 et 1993, l’INRA a constaté une remontée des espèces végétales de trois mètres et de 64 mètres pour les espèces forestières. Dans le vignoble catalan de Banyuls, les vendanges arrivent en moyenne 15 jours plus tôt qu’autrefois depuis les années 90. Plus gênant pour l’industrie touristique, entre 1971 et 2008, l’enneigement a diminué de dix à quinze jours en moyenne montagne (référence 1 400 mètres).

Didier Galop, chercheur au CNRS, travaille à reconstituer les dynamiques passées en analysant pollens, sédiments et autres traces du passé collectées dans les tourbières ou les sédiments lacustres. « Nous sommes sortis de l’ère glaciaire il y a environ 20 000 ans. Vers 12 000, un réchauffement progressif s’est mis en place dans lequel nous nous inscrivons toujours » explique-t-il. « La végétation forestière a reconquis la chaîne avec l’arrivée des hêtres en dernier lieu, il y a environ 5 500 ans. La trame des paysages actuels s’est dessinée à l’âge du bronze avec les peuples de cultivateurs et d’éleveurs ».

Un paysage presque constant

Ainsi, depuis près de 5000 ans, le paysage de nos montagnes est presque constant. Mais tout peut évoluer très vite. Ainsi en Ariège, le déclin du pastoralisme a provoqué « une reprise foudroyante et à tous les étages de la forêt » signale-t-il. Quant au réchauffement actuel, « personne ne le nie même si les scientifiques débattent sur les causes et les origines ». « Mais pas de doute, ça chauffe et il y a nécessité de ne plus augmenter ce réchauffement » prévient-il. « Nous ne savons pas quelles seront les conséquences mais il faut déjà être assez adaptable et réactif pour gérer différemment l’eau et les cultures ».

D’où l’importance du travail d’observation. Par exemple, les scientifiques ont démontré qu’avec un réchauffement de 2 degrés (hypothèse basse d’un réchauffement qui pourrait monter à +6 degrés), le nombre de jours d’enneigement diminuerait de 30 à 49 jours par an à 1500 mètres. Conséquence directe, les stations de ski de moyenne montagne verraient leur chiffre d’affaires diminuer d’un quart.

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