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Sylvain Tesson : «J’ai vécu six mois en ermite au bord du lac Baïkal»

lefigaro.fr- Le recours aux forêts, solution à tous les maux de l’existence. Pour assouvir son besoin de liberté, Sylvain Tesson a trouvé une solution radicale : s’enfermer seul dans une cabane, en pleine taïga sibérienne, pendant six mois. Journal de bord.

Je me suis installé pendant six mois dans une cabane au sud de la Sibérie, sur les bords du Baïkal. Le temps pressait. Avant 40 ans, je m’étais juré de faire l’expérience du silence, de la solitude, du froid. Demain, dans un monde de 9 milliards d’humains, ces trois états se négocieront plus cher que l’or. J’étais à l’étroit dans la nature de France. Le jour où j’ai lu dans une brochure ministérielle qu’on appelait les coureurs des bois des « usagers d’espaces arborés», j’ai su qu’il était temps de gagner la taïga. Une fuite, la vie dans les bois? La fuite est le nom que les gens ensablés dans les fondrières de l’habitude donnent à l’élan vital. Un jeu? Comment appeler autrement la mise en scène d’une réclusion volontaire devant le plus beau lac du monde? Une urgence? Assurément ! Je rêvais d’une existence resserrée autour de quelques besoins vitaux. Il est si difficile de vivre la simplicité.

Ma cabane fut construite par des géologues soviétiques dans les années brejnéviennes. C’est un cube de rondins, de trois mètres sur trois, chauffé par un poêle en fonte. L’isba s’élève sur un cap de la rive ouest du lac Baïkal, dans la réserve naturelle de la Lena, à quatre jours de marche du premier village et à des centaines de kilomètres d’une piste. Elle s’appuie sur des versants granitiques hauts de 2 000 mètres. Un boqueteau de cèdres la protège des rafales. Les arbres donnent leur nom au lieu-dit Les-Cèdres-du-Nord. Devant la carte, j’ai pensé que « Cèdres-du-Nord » sonnait comme un nom de résidence de personnes âgées. Après tout, il s’agit bien de cela : j’entre en retraite.

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Xavier Argeles

Je fais des randonnées depuis 1995 en France et partout dans le monde. J’ai fais le GR 20 en 2006 et le trek du Laugavergur en Islande en 2015. Administrateur de randozone, j’essaye de partager cette passion avec vous.

http://www.randozone.com

6 thoughts on “Sylvain Tesson : «J’ai vécu six mois en ermite au bord du lac Baïkal»”

  1. J’attends avec impatience le réçit de vos 6 mois en Sibérie dans votre cabane.J’en ai déja l’eau à la bouche .A quand la sortie du livre???

  2. C’est BO Sylvain

    Le génie de ses lieu à du te dire que tu es déjà éternel
    Un petit cadeau en lecture pour te remercier de m’avoir offert cette liberté
    À lire de Jac o’keefee Nés pour être libres

    Elle est belle cette âme qui est toi

    Rolando Furioso

  3. je suis en train de lire,votre aventure solitaire en sibérie et je me régale! j’ai toujours eu un faible pour les ermites:
    Je vie dans la plaine de beauce,mais dans une grande cabane en pierre,je regarde souvent à la fenêtre de l’atelier venir les mésanges que je nourrie,c’est un bonheur toujours souriant et elles se fichent tellement de la notoriété!
    moi je puis vivre ou il y’à un arbre et un oiseau.
    le retour à paris à du être duraille jimagine.
    en tout les cas merci pour ce beau récit.

  4. Cher sylvain (le bien nommé):j’ai à la fois adoré l’expérience existentielle que vous avez si bien poétisée, dans cette proximité médiatisée par vos lectures, avec ce sentiment d’éternité dont parlait Spinoza,et detesté le tintamarre auquel vous avez consenti. Quel était votre cible( votre narrataire?)S’agissait-il d’un travail sur vous ou alors tout simplement d’une opération com.perclus d’images, alors que vous disiez réprimer votre désir de photograhier ces instants » inimmaginables ».Le livre est admirable, mais son exploitation médiatique exécrable.N’êtes-vous pas pour finir qu’un journaliste bourgeois qui s’est laissé mollement baïkalinisé, sachant, que tout compte fait, le retour à l’urbain était programmé: un tourisme des beaux et des bien nés ( Ulysses); Une « distinction  » (Bourdieu) avec son profit de la condescendance?

  5. Mille excuses pour mes 3  » horreurs d’orthographe et de lexique, irréparables à l’adresse d’un écrivain. Veuillez lire: non « percluse » mais saturée, « inimaginables » amputé de son « m » excédentaire, enfin d’un « Ulysse » écrit à l’anglaise. Cela fait beaucoup, je le concède, mais la consommation déraisonnable de vodka ( polonaise) après vous avoir lu, m’a quelque peu embrumé la plume………….Merci de votre indulgence.

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